SAINT-SECONDIN

  

10 septembre 1918 ( Avenir de la Vienne)

 

Infanticide par grand-père.

Double arrestation.

 

 Un infanticide dans lequel sont inculpés une fille et son père, réfugiés du Nord, vient de jeter l’émotion dans noter localité.

Avant hier, des habitants de la commune, recherchaient des champignons dans le petit bois de Jouet, en bordure de la rue d’Usson, à 400 mètres de la garde de Saint-Sécondin, lorsque leur attention fut attirée par une odeur nauséabonde ; cherchant la cause de cette odeur, ils constatèrent qu’elle provenait d’un paquet renfermant le corps en putréfaction d’un enfant nouveau-né. La gendarmerie d’Usson, prévenue, avertit le parquet de Civray qui vient aussitôt.

L’enquête fit connaître que l’enfant était celui d’une fille, Lesimon Jeanne, âgée de 24 ans, née à Merville (Nord), repasseuse, qui était réfugiée à Saint-Sécondin depuis le mois de mai dernier avec son père le sieur Lésimon Gédéon, âgé de 73 ans, couvreur également originaire de Merville.

La jeune fille a avoué qu’étant enceint des œuvres d’un militaire aujourd’hui marié, elle n’en avait rien dit à son père. Ce n’est que dans la soirée du 27 août dernier quant elle se sentit malade, qu’elle avoua à son père qu’elle allait accoucher. Le père Leimon assista alors sa fille, mais affolé, dit-il, il étrangla l’enfant et le porta dans les bois espérant qu’il serait dévoré par les bêtes sauvages. La fille prétend que dans sa faiblesse elle ne s’aperçut pas de ce qu’avait fait son père, qui est en définitive, l’auteur principal du crime. Tous les deux déclarent regretter profondément ce qui s’est passé.

Le médecin légiste qui a examiné le cadavre a reconnu que l’enfant, du sexe masculin, était né viable et bien constituée.

Le père et la fille ont été conduits à la prison de Civray.

 

1918-10-11- Saint-Sécondin

Saint-Sécondin

Merville 1914-1918

Civray b