11 février 2013

Arrondissement de Civray, élection légistative 1893

La Semaine du 27/08/1893

Élection législative du 20/08/1893

Arrondissement de Civray ( et uniquement les deux cantons des mes ancêtres)

Canton d'Availles-Limousine

 

Brouillet

Salmon

Merceron

Serph

Availles.Limousine

61

328

24

125

Mauprévoir

44

94

18

172

Pressac

76

72

43

99

St-Martin-l'Ars

35

94

13

116

 

Canton de Charroux

 

Brouillet

Salmon

Merceron

Serph

Charroux

243

9

5

204

Asnois

85

5

0

45

Ch-Bâton

114

14

12

95

Chatain

173

21

1

29

Genouillé

91

6

2

235

Joussé

42

33

3

49

Payroux

75

19

8

118

St-Romain

188

11

24

75

Surin

65

2

0

46

 

Résultats par Canton de l'Arrondissement de Civray

 

Brouillet

Salmon

Merceron

Serph

Canton Availles

216

588

98

512

Canton Charroux

1076

120

55

896

Canton Civray

780

474

161

1598

Canton Couhé

445

481

588

1463

Canton Gençay

453

679

1093

937

 

2970

2342

1995

5406

Il y a ballotage. Aux élections de 1889, M. Serph avait été élu sans concurrent avec 7189 suffrages.

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La Semaine du 03/09/1893

 Candidat à la Députation.

 A M. Serph

Monsieur,

Si nous avons bonne mémoire, vous vous présentiez à la députation, en 1863 comme candidat Indépendant.
Les Indépendants étaient alors considérés comme peu favorables à l'Empire, et la médiocre sympathie que vous laissiez voir à cette époque pour la dynastie Napoléonienne vous avait valu quelques voix républicaines.

Vous nous apprenez, dans l’autobiographie si pleine de modestie qui accompagne votre portrait, «  que votre candidature avait été surtout une protestation contre l'administration scandaleuse de l'arrondissement de Civray. » Nous avions eu la naïveté de croire que c'était plutôt contre le régime impérial, pour lequel vous réservez aujourd'hui toute votre indulgence. Nous étions d'autant plus autorisé à avoir cette pensée que nous vous avons vu en 1871 voter la déchéance de la dynastie Napoléonienne.

Mais vous n'aviez brisé qu'en apparence avec les Bonapartistes : vous avez trouvé chez eux de trop chauds partisans pour ne pas leur avoir donné quelques gages de fidélité.

On se demande cependant si vous êtes bien impérialiste, quand on voit figurer, au scrutin de liste, votre nom à coté de celui des chefs du parti orléaniste ou monarchiste ; Aux d'Orléans en effet vous n'avez pas épargné les preuves de dévouement : vous leur avez octroyé, sans hésiter, au début de votre carrière parlementaire, les millions qu'ils ont arrachés à la France, qui se saignait à blanc pour payer la rançon de l'année terrible. Dans aucune occasion, dans aucune circonstance, vous ne leur avez ménagé votre appui.

Quel est donc votre parti ? On l'ignore ;

Mais ce que nous savons d'une façon positive, c'est que vous êtes absolument hostile à la République.

Vous n'avez jamais manqué de vous liguer avec ses ennemis pour la renverser.

Vous faites grand bruit de votre dévouement, de votre amour immense pour les travailleurs, l'agriculture etc. et vous n'avez jamais hésité à sacrifier leur intérêt lorsqu'il s'est agi, par vos votes, de faire naître des crises parlementaires, d'amener des chutes de ministères qui vous donnaient à vous et à vos alliés l'espoir d'une restauration quelconque. Faut-il rappeler le rôle que vos partis ( car vous êtes peut-être orléane-bonarpartiste) ont joué dans le boulangisme ?

Pendant 23 ans, vous avez fait une opposition systématique, vous n'avez su que créer des difficultés à la Chambre, et c'est lorsque nous voyons le danger de toutes ces divisions, lorsque nous éprouvons le besoin d'avoir une Chambre unie d'idées, d'opinions, qui aura le calme nécessaire pour préparer et résoudre ces grandes questions sociales concernant la classe laborieuse que vous venez nous demander de renouveler votre mandat !

Afin sans doute, «  toujours par amour du pays » de faire naître encore au sein du parlement ces luttes stériles qui n'ont d'autre effet que de ruiner note industrie, notre commerce.

Non, Monsieur Serph, tout en rendant un juste hommage à votre honnêteté, à votre probité, nous ne voterons par pour vous le 3 septembre prochain.

Le passé nous a suffisamment éclairés. Nous voulons un républicain sincère. Nous ne pouvons donc penser à vous, car nous ne savons même pas quel est votre parti. Le rôle que vous avez joué à la Chambre, quel-qu’effacé qu'il soit, est , permettez moi de vous le dire, celui d'un révolutionnaire.

Et sans être un conservateur comme vous, nous avons horreur des révolutions.

Nous voterons tous pour M. René Brouillet, parce que nous savons que républicain aussi sincère que convaincu, il contribuera, dans le nouveau parlement, à constituer une majorité assez forte, assez compacte, pour élaborer ces lois que nous attendons et que nous vous avons vainement demandées : la réglementation du travail, la caisse des retraites pour les travailleurs, la répartition plus équitable de l’impôt, etc. etc.

en votant pour M. Brouillet, nous suivrons votre conseil, notre pays désabusé vous rendra à la vie privée et n'enverra à la Chambre que des députés résolus à soutenir la République, et à travailler résolument au bonheur et à la prospérité de la France.

Vive la République et vive M. Brouillet ! Un vieux Républicain.

 

La Semaine du 10/09/1893

 Le scrutin du Ballotage en gris le 1er tour

 

 

Brouillet

Serph

Brouillet

Serph

Canton Availles

216

512

749

512

Canton Charroux

1076

896

1144

943

Canton Civray

780

1598

1430

1621

Canton Couhé

445

1463

1282

1590

Canton Gençay

453

937

1322

1506

 

2970

5406

5927

6172

 Nous sommes vainqueur à Loudun, mais à Civray nous subissons un échec qui pourrait avoir de très graves conséquences pour le parti républicain.

A 250 voix de majorité, M. Serph est réélu où il y a quinze jour nous réunissions une majorité de 1900 voix !

Il n'y a pas trente-six façon d'apprécier ce résultat : c'est une honte.

Des gens se disant républicain ont préféré voter pour le candidat monarchiste, plutôt que de voir entrer à la Chambre l'honorable M.Brouillet.

Oui c'est une honte pour cet arrondissement de Civray

Il ne nous appartient pas de faite ici la part des responsabilités.

Le public, dans son gros bon sens, saura les établir et châtier, comme ils le méritent, tous ceux qui, par indifférence ou.... autrement, ont entrainé l'échec de notre candidat.

Nous n'insisteront donc pas davantage sur ce piteux résultat. Il nous répugne de faire des personnalités et, après avoir assuré M. René Brouillet de toute notre sympathie, nous passerons immédiatement à Loudun qui a donné hier à Civray une bien dure leçon.

 

Résultats par commune

Canton d'Availles Limousine : en gris le 1er tour

 

Brouillet

Serph

Brouillet

Serph

Availles -Limousine

61

125

362

113

Mauprévoir

44

172

120

170

Pressac

76

99

180

99

St-Martin-l'Ars

35

116

87

130

 

 

 

749

512

Canton de Charroux en gris le 1er tour

 

Brouillet

Serph

Brouillet

Serph

Charroux

243

204

245

208

Asnois

85

45

79

57

Ch-Bâton

114

95

127

97

Châtain

173

29

173

33

Genouillé

91

235

96

238

Joussé

42

49

62

61

Payroux

75

118

84

123

St-Romain

188

75

206

88

Surin

65

46

72

38

 

 

 

1144

943

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SERPH Gusman- MarcSERPH Gusman-Marc, homme politique Français, ° le 12/07/1820 à Civray (Vienne), + le 26/03/1902 à Savigné (Vienne)

 

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

 

  • 08/02/1871 - 07/03/1876 : Vienne - Centre droit

    20/02/1876 - 25/06/1877 : Vienne - Centre droit

    14/10/1877 - 27/10/1881 : Vienne - Centre droit

    21/08/1881 - 09/11/1885 : Vienne - Union des Droites (2 juillet 1882)

    04/10/1885 - 11/11/1889 : Vienne - Union des Droites

    22/09/1889 - 14/10/1893 : Vienne - Union des Droites

    03/09/1893 - 31/05/1898 : Vienne - Union des Droites

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

représentant on 1871, député de 1876 à 1889, né à Civray (Vienne) le 12 juillet 1820, fils d'un ancien préfet, fut, à 24 ans, chef de cabinet du préfet M. d'Imbert de Mazères, et fut attaché à la préfecture de la Corse de 1849 à 1851. Rentré dans la vie privée en 1852, après le coup d'Etat, il s'occupa principalement d'agriculture et mérita de nombreuses récompenses aux expositions régionales. Président du comice agricole de la Vienne, conseiller général de la Vienne, et d'opinions orléanistes, il échoua comme candidat indépendant au Corps législatif dans la 3e circonscription de la Vienne, le 1er juin 1863, avec 6,631 voix contre 10,775 à l'élu, M. Bourlon, candidat officiel. Elu, le 8 février 1571, représentant de la Vienne à l'Assemblée nationale, le 3e sur 6, par 56,506 voix (62,819 votants, 95,858 inscrits), il prit place au centre droit, et vota avec la majorité, pour la paix, pour l'abrogation des lois d'exil, pour la pétition des évêques, contre le service de trois ans, pour la démission de Thiers, pour le ministère de Broglie, contre l'amendement Wallon, pour les lois constitutionnelles. Réélu, le 20 février 1876, comme candidat du « Comité national conservateur », député de l'arrondissement de Civray, par 6,718 voix (10,800 votants, 13,914 inscrits), contre 3,984 à M. Couteaux, républicain, grâce à l'appui du parti bonapartiste auquel il promit 1 appel au peuple en 1880, il prit de nouveau place à droite, et, au 16 mai, soutint le ministère de Broglie contre les 363. Réélu, le 14 octobre 1877, par 7,517 voix (11,163 votants, 14,224 inscrits), contre 3,584 à M. Couteaux, il fut, en décembre 1879, l'un des fondateurs du groupe constitutionnel auquel la mort du prince impérial donna pendant quelque temps une certaine importance; il était alors vice-président du conseil général de la Vienne. Réélu de nouveau, le 21 août 1881, par 6,192 voix (12,039 votants, 14,917 inscrits), contre 5,769 à M. Merceron, il fut invalidé et dut se représenter devant ses électeurs qui le renommèrent député, le 2 juillet 1882, par 6,988 voix (12,564 votants, 15,320 inscrits), contre 5,520 à M. Merceron. Il continua de siéger à droite, et de combattre par ses votes la poli tique scolaire et coloniale des ministères républicains. Porté sur la liste conservatrice de la Vienne, le 4 octobre 1885, il fut réélu, le 1er sur 5, par 42,962 voix (80,919 votants, 101,883 inscrits), continua de voter avec la minorité de droite, et, dans la dernière session, s'abstint sur le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889), et se prononça pour l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution, contre les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes, contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse, contre les poursuites contre le général Boulanger.

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Représentant de la Vienne en 1871. Député de la Vienne de 1876 à 1898. (Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. V, p. 305.)
Gusman Serph fut élu. à nouveau député de la Vienne, dans la circonscription de Civray, le 22 septembre 1889, au premier tour de scrutin, avec 7.189 voix sur 15.403 inscrits et 10.082 votants.
Se présentant comme candidat conservateur-révisionniste, Serph qui, le 11 février 1889 à la Chambre, s'était abstenu dans le vote sur le rétablissement du scrutin d'arrondissement, demandait que l'on donnât la parole à la France. En 1893, il écrivit qu'il avait été trompé dans ses espérances, la dernière Chambre n'ayant fait que suivre les errements de celles qui l'avaient précédée depuis 1876. Dénonçant scandales, procès honteux, turpitudes et marchandages, il invita « le pays désabusé à n'envoyer à la Chambre prochaine que des députés résolus à poursuivre le retour de l'honnêteté dans l'exercice du pouvoir ».
Au premier tour, il fut en ballottage avec 5.408 voix contre 2.973 à Brouillet et 2.339 à Salmon, sur 15.410 inscrits et 12.887 votants, mais il l'emporte au second, le 3 septembre, par 6.199 voix contre 5.915 à Brouillet, sur 15.408 inscrits et 12.331 votants.
A la Chambre, il devint. membre de diverses commissions et président de plusieurs bureaux. Il déposa des propositions tendant à l'indemnisation des victimes de calamités agricoles dans l'arrondissement de Civray et prit part à la discussion d'un texte de loi modifiant le taux des droits de douane sur les chevaux et mulets.
Battu le 8 mai 1898 par son adversaire des élections précédentes - Brouillet, chef de cabinet de Cambon, gouverneur général de l'Algérie - qui obtint 5.190 voix alors qu'il n'en recueillait que 2.419, il se retira de la vie politique. Gusman Serph était président d'honneur du syndicat agricole de Civray, président cantonal du comice, membre de la société des agriculteurs de France. Il mourut le 26 mars 1902 à Savigné, dont il était maire, à l'âge de 82 ans.